octobre 31, 2025
La Castanyada : feu, mémoire et patrimoine immatériel
Chaque 1er novembre, l’arôme des châtaignes et des patates douces grillées emplit les rues et les foyers de Catalogne. C’est la Castanyada, une célébration qui, au-delà de son apparence populaire et gastronomique, puise ses racines dans une ancienne tradition liée à la mémoire des défunts.
Depuis Tàrrega — terre d’automne, de feu et de racines — CIRCLE Corporation promeut une vision durable du patrimoine funéraire et des coutumes qui maintiennent vivante la connexion entre les personnes, leur territoire et leurs ancêtres.
Une tradition d’origine funéraire
L’origine de la Castanyada remonte aux XVIIIe et XIXe siècles, lorsque les familles se réunissaient la veille de la Toussaint pour veiller les morts. Pendant que l’on récitait des chapelets en leur mémoire, on allumait des braises pour réchauffer la maison et l’on partageait des aliments simples : châtaignes, patates douces, panellets et vin doux.
Les châtaignes, symboles de renaissance par leur forme arrondie et leur coque dure, représentaient l’âme traversant le feu pour atteindre la paix éternelle. Dans de nombreuses régions rurales, on croyait que chaque châtaigne grillée symbolisait une âme libérée du purgatoire. Les familles les offraient ainsi comme une nourriture à la fois spirituelle et terrestre.
Durant ces veillées, connues sous le nom de vetlles de Tots Sants, les voisins se relayaient pour garder les bougies allumées en l’honneur des défunts. Lors de ces longues nuits de prière, les châtaignes grillées aidaient à supporter le froid et à rester éveillé. Avec le temps, les groupes de sonneurs et de volontaires qui faisaient retentir les cloches à la mémoire des morts recevaient eux aussi des châtaignes, du pain et du vin en signe de gratitude.
Ainsi naquit la Castanyada : une tradition qui unissait le feu du souvenir et la nourriture de la communauté.
D’un rituel intime à une fête populaire
Au fil du temps, la Castanyada perdit son caractère strictement religieux et devint une fête familiale et automnale, bien que son essence demeure liée à la mémoire. Les castanyeres — femmes qui faisaient griller et vendaient des châtaignes dans la rue — devinrent des symboles durables de la saison et de la culture catalane.
Aujourd’hui, cette tradition coexiste avec d’autres célébrations d’origines diverses, comme Halloween, mais elle conserve sa chaleur méditerranéenne et son humanité : les familles se réunissent, partagent un repas et se souviennent de ceux qui ne sont plus là — sans tristesse, mais avec gratitude.
Dans cette évolution se trouve une leçon importante sur le patrimoine funéraire : les coutumes nées de la mort ne disparaissent pas ; elles se transforment pour continuer à accompagner la vie.
Patrimoine funéraire et identité culturelle
Dans le récent Rapport sur le patrimoine funéraire 2024 publié par FIAT-IFTA, initialement en anglais et traduit en espagnol grâce à la collaboration de PANASEF, cette dimension est particulièrement mise en lumière : la valeur du patrimoine funéraire immatériel, composé de rituels, de traditions, de musiques, de saveurs et de gestes qui maintiennent vivante la mémoire collective.
Le rapport souligne que préserver ces pratiques ne signifie pas rester ancré dans le passé, mais plutôt y reconnaître un langage commun de respect, de continuité et d’humanité. Des autels domestiques aux châtaignes partagées, le patrimoine funéraire nous enseigne que la mémoire aussi se célèbre, se cuisine et se transmet.
Lire le rapport complet de FIAT-IFTA 2024
CIRCLE Corporation et la mémoire comme horizon durable
Pour CIRCLE Corporation, la Castanyada symbolise l’équilibre entre tradition, territoire et durabilité. Une célébration née du silence et du feu qui, aujourd’hui, nous rappelle qu’honorer la mémoire signifie aussi prendre soin de l’environnement et renforcer les liens humains.
Se souvenir de ceux qui nous ont précédés est, en définitive, un acte de responsabilité sociale et culturelle. Chaque tradition que nous préservons contribue à un modèle de développement plus conscient, inclusif et humain.
Le feu qui autrefois accompagnait les prières pour les âmes éclaire aujourd’hui nos tables et nos conversations.
Et dans cette flamme demeure vivante l’idée qui guide notre travail: se souvenir, honorer et célébrer — en harmonie.